• Fin des années 1950 au viêtnam. bê a douze ans, sa vie dans le bourg de rêu s'organise entre sa mère, ses amis et ses professeurs. son père, soldat, est en garnison à la frontière nord. pour avoir pris la défense d'une de ses camarades abusée par un professeur, elle se voit brutalement exclue de l'école. révoltée, elle s'enfuit de chez elle, avec sa meilleure amie, pour rejoindre son père.
    Commence alors un étonnant périple: les deux adolescentes, livrées à elles-mêmes, sans un sou en poche, finiront par arriver à destination, après des aventures palpitantes et souvent cocasses: bê la meneuse, non contente d'avoir tué le cochon et participé à la chasse au tigre, va également confondre un sorcier charlatan et jouer les infirmières de fortune.
    Roman d'apprentissage, ce livre limpide et captivant dépeint magnifiquement, dans un festival de sons, d'odeurs, de couleurs et de paysages, la réalité du viêtnam après la guerre d'indochine.

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  • Publié au vietnam, au-delà des illusions, qui fut le livre de chevet de toute une génération, est sans doute l'un des plus beaux romans d'amour vietnamiens des deux dernières décennies.
    Les élans passionnés et la soif d'idéal de phuong linh sont une source de désordres, de joies violentes, et aussi de désenchantements. face à la lâcheté de ses amants, refusant les accommodements et les compromissions, elle oppose, pour se donner entièrement, l'ardeur sincère et la pureté de son amour en même temps que le courage de ses convictions. les promesses seront abandonnées, les serments endeuillés de mensonges : phuong linh devra trouver seule le chemin.
    Au-delà des illusions.

  • La fugue de Thanh, seize ans, plonge dans la stupeur ses parents, un couple de professeurs respectés, et les habitants de Lan Giang, la petite ville où vit cette famille modèle. Quand on le retrouve quatorze ans plus tard - en 1999, le temps du récit -, il est devenu gigolo, entretenu par une femme d'affaires rencontrée dans la maison close de Saigon où il exerçait ses talents de prostitué. Comment et pourquoi ce jeune homme sans histoires en est arrivé là, c'est ce que dévoile ce roman diaboliquement construit.
    En toile de fond, le Vietnam, dominé par le sexe, le pouvoir et l'argent et à jamais marqué par le traumatisme de la guerre. Jamais la militante ne prend le pas sur la romancière, cette magicienne de la langue capable de faire sentir au lecteur l'odeur d'un jardin de pamplemoussiers, comme de lui faire partager les tourments d'un adolescent à l'innocence trahie. Alexis Liebaert, Marianne.

  • Hàng tente de gagner sa vie comme ouvrière dans une usine en URSS. Dans le train qui la conduit à Moscou, elle est appelée au chevet de son oncle malade, l'occasion pour elle d'une plongée dans un passé douloureux. L'oncle Chinh, membre zélé du Parti communiste, a été l'un des ardents serviteurs de la réforme agraire au Vietnam. La mère de Hàng, par piété fraternelle et par respect des traditions, n'a jamais osé s'opposer à son frère. Pas même quand il a obligé son mari, instituteur, à fuir le village, dédaignant la classe de sa famille, ces « ennemis mortels de la paysannerie ». Contrainte de s'installer à Hanoi et d'y élever seule sa fille, c'est elle qui subviendra aux besoins de Chinh, incapable de nourrir ses enfants avec sa maigre solde de fonctionnaire. Dans ce livre de jeunesse, Duong Thu Huong , en pointant à travers un drame familial, une tragédie collective, interroge déjà le paradis marxiste... celui de tous les aveuglements.

  • Quân, Luong et Biên sont amis depuis l'enfance. Originaires du même village, ils se sont enrôlés le même jour pour combattre l'envahisseur américain. Quân, devenu capitaine, est envoyé dans la lointaine zone K par Luong, son supérieur, pour retrouver Biên, sur le point de sombrer dans la folie. En traversant la jungle et les vallées sinistrées par les bombardements, il prend la mesure du fossé qui s'est creusé entre eux. Au fil de son angoissant périple, alors qu'affluent les images de sa vie heureuse et à jamais disparue de jeune homme pressé de défendre son idéal, Quân découvre également l'ampleur des destructions subies par son pays. Ce roman, le premier écrit par Duong Thu Huong, est aussi le premier de ses ouvrages à avoir été interdit au Vietnam. Évoquant avec crudité et compassion le quotidien des soldats, la romancière y dénonce la vanité de la guerre et le cynisme de ses instigateurs.

  • Duong Thu Huong a travaillé à ce roman pendant plus de dix ans. Elle le dédie à l'ami qui lui a révélé le secret bouleversant qu'elle y dévoile, et à " tous les innocents qui sont morts dans ce silence noir ". Son ami, parce qu'il en savait trop, a été lâchement assassiné par le régime communiste en place au Vietnam, et c'est un monument à sa mémoire que construit l'écrivain. Voilà pourquoi, de ce livre, elle dit qu'il est le plus important de sa vie. Le héros qu'elle met en scène, de par la fatalité qui s'abat sur lui et son entourage, rejoint dans sa force tragique et l'absurdité de son destin les grandes figures de Boris Pasternak, d'Alexandre Soljenitsyne, voire de George Orwell. Et ce héros, on le comprend dès les premières pages du livre bien que son nom ne soit jamais écrit - Duong Thu Huong l'appelle " le président " -, n'est autre que Ho Chi Minh, l'artisan de l'indépendance du Vietnam et le père spirituel de la nation, figure tutélaire intouchable dans son pays.
    Le président est réveillé par un cri déchirant au fond de la vallée : un jeune garçon pleure la mort de son père, qui vient de tomber d'une falaise. Ce cri ramène l'homme âgé et solitaire qu'il est devenu à ses propres interrogations : où est le fils qu'on lui a arraché encore enfant ? Pleurerait-il la mort d'un père qu'il n'a pas connu ? Pourquoi, alors qu'il avait le pouvoir, le président a-t-il livré la femme qu'il aimait à ses anciens compagnons de combat ? Comment se retrouve-t-il, à la fin de sa vie, en pleine guerre contre les Américains, sur cette montagne isolée, avec pour seuls compagnons des soldats qui le surveillent et deux bonzesses de la pagode voisine ?
    Le secret que révèle Duong Thu Huong dans son livre est l'histoire déchirante d'un homme dont on a sacrifié la vie. Au début des années cinquante, alors qu'il avait déjà passé la soixantaine, le président tombe éperdument amoureux d'une jeune montagnarde, rencontrée au hasard d'une promenade. Avec Xuan, il fonde une famille qu'il installe à Hanoi. Mais il n'est pas un homme ordinaire, il est le père de la nation, et quand il souhaite officialiser son union, la clique au pouvoir, dont il a favorisé l'ascension, lui fait valoir qu'il doit rester sur son piédestal. Le président cède. Et de ce moment, sa vie bascule. Xuan finira par être exécutée, ses enfants sont cachés par des proches pour survivre, et le pouvoir échappe au chef de la nation : cachés derrière le symbole de pureté et d'indépendance qu'il est devenu, ses anciens amis conquièrent par tous les moyens gloire, puissance et richesse.
    Pour donner la mesure de ce drame intime et politique, l'écrivain déploie une construction romanesque époustouflante : elle mène de front quatre intrigues, qui toutes révèlent une facette de la tragédie dont le président est le protagoniste malgré lui.
    De nombreux chapitres se déroulent dans son lieu d'exil : entre souvenirs (les scènes de sa jeunesse à Paris sont magnifiques, sa rencontre avec Xuan inspirée), remords et visions, il tente de démêler les fils de son destin et de ses contradictions.
    On suit également le parcours de son plus fidèle compagnon, Vu, le seul qui tienne encore tête au pouvoir en place : c'est Vu qui a adopté et caché le fils du président, c'est son frère qui a recueilli sa fille. Dans son propre foyer, se joue, à travers la figure de sa femme, une ancienne révolutionnaire pure et dure comme lui, devenue complice des exactions du régime, toute la geste des idéaux trahis et du pouvoir qui corrompt.
    Parenthèse bucolique dans le livre, Duong Thu Huong consacre un long développement au paysan mort dans l'accident que décrit la scène initiale. Le vieux Quang, lui, a réussi à imposer à sa communauté du Village des bûcherons la jeune femme dont il est tombé amoureux. Ce roman dans le roman est comme un contrepoint à l'intrigue principale et donne l'occasion d'une plongée étonnante de vérité dans une société villageoise elle aussi rongée par la jalousie et tous les instincts primaires, mais où la vérité des sentiments finit par s'imposer.
    Dernier point de vue sur la tragédie : celui de An, le beau-frère de Xuan, la jeune épouse sacrifiée. Il a été témoin de la cruauté du régime, il est parvenu à fuir alors que sa propre femme était assassinée elle aussi, et il ne survit que pour se venger. Étonnante trajectoire d'homme fou de douleur, tout entier tendu sur son objectif.
    Le roman est admirable par sa construction, par la puissance d'évocation de la nature, des paysages, des scènes de combat dans la jungle, par la profondeur psychologique des personnages, qui tous semblent proches et familiers. L'écrivain, comme dans toute son oeuvre, fait également preuve d'une compassion qui la hisse au niveau des plus grands : aucun jugement sur cet homme, le vainqueur de Dien Bien Phu en 1954, devenu une marionnette aux mains du régime, mais une tentative de comprendre un destin d'autant plus tragique qu'il s'est joué d'un être bien réel et maître du pouvoir.
    Duong Thu Huong, héraut des idéaux bafoués que le président a portés jusqu'au bout, écrit aussi un très grand roman politique.

  • Sinh et Luu ne s'aiment plus. Ils entament donc une procédure de divorce, et chacun de son côté retrouve bonheur et passion. Mais le Parti ne l'entend pas de cette oreille...

  • Alors qu'elle rentre chez elle un soir, Miên, une jeune femme du hameau montagnard du centre Viêtnam où se déroule le roman, se heurte à un attroupement : l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant, et dont la mort comme héros et martyr lui avait été annoncée cinq années après son départ à la guerre, est revenu. Miên est remariée depuis sept ans déjà avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu'elle aime et avec qui elle a un petit garçon. Bôn, le vétéran communiste, qui s'est battu contre les Américains, réclame sa femme. Dans le Viêtnam de l'après-guerre, tous les honneurs sont dus à ceux qui se sont sacrifiés pour la communauté. Sous la pression des autorités et de son entourage, convaincue que là est son devoir, Miên se résout à quitter sa vie heureuse et confortable pour aller vivre avec son premier mari.
    Le choix est d'autant plus douloureux que l'homme qu'elle avait épousé très jeune, peu avant son départ au front, est revenu physiquement détruit par des années de combats et d'errance dans la jungle. La masure dans laquelle le couple s'installe est sordide, Bôn n'a plus de force pour reconstruite ni planter. Son obsession est de retenir Miên en lui faisant un enfant : nuit après nuit, la jeune femme vit un calvaire. Mais le jour elle parvient à s'échapper pour s'occuper de son fils, dont le quotidien a lui aussi été ravagé. Hoan, assommé par le poids du destin, comprenant la décision de sa femme, est parti vivre en ville, où il se lance avec succès dans une carrière de négociant. C'est grâce à sa bienveillance et à l'argent qu'il l'avait forcée d'accepter que Miên survit, et subvient aux besoins de Bôn.
    Les protagonistes du drame, formant un triangle tragique, s'efforcent chacun à sa manière de concilier leur propre aspiration au bonheur et leur sens du devoir : leurs figures s'éclairent à travers l'évocation de leur destin individuel, grâce à de nombreux retours en arrière. Quand elle raconte l'histoire de Bôn, jeune homme misérable engagé trop tôt, quand elle évoque avec une puissance narrative bouleversante sa traversée de la jungle, traînant derrière lui le cadavre de son sergent bien aimé pour tenter malgré les vautours de lui donner une sépulture décente, l'auteur rend palpable sa détermination à retrouver son bonheur perdu. Quant à Hoan, c'est son amour pour Miên qui l'a rendu à lui-même, qui l'a sauvé d'une première union manigancée par sa belle-mère, alors que, beau parti de la petite ville où il vivait, il se préparait à un brillant avenir d'intellectuel.
    Les différents épisodes de ce roman-fleuve, plongeant dans le passé et le présent des personnages, brassant leurs destinées individuelles ballottées par les événements historiques, sont autant d'éclairages sur une société vietnamienne cadenassée par des préjugés et des principes. À cause de ces principes, il apparaît au fil des pages que les vies de ces trois victimes de la guerre se retrouvent indissociablement liées : ni Bôn ni Hoan ne peuvent se passer de Miên, et Miên ne peut trahir ses engagements. Tous trois sont indéfectiblement attachés à la terre de leur village, à ses habitants - qui forment une galerie de personnages secondaires magnifiques et attachants -, aux odeurs, aux couleurs, aux traditions de ce pays séculaire, somptueusement évoqué.
    C'est un dénouement d'une profonde humanité qui va transcender l'absurdité de ces destins brisés, donnant une ampleur et une force peu communes à ce livre. Duong Thu Huong, qui est une des figures maîtresses de la littérature asiatique, déploie ici un art au sommet de sa maturité : son talent est éblouissant dans l'aisance avec laquelle elle peint le moment, le territoire et les personnages de son livre. Dans la manière dont elle évoque les séquelles de la guerre et par la vision qu'elle donne de la société viêtnamienne contemporaine, elle impressionne aussi par son engagement. Terre des oublis, grand roman de l'après-guerre du Viêtnam, est un livre magistral et envoûtant.

  • L'image paradisiaque d'un Viêt-nam intemporel est brisée par la guerre qui, faisant partir les hommes du village, laissent les femmes seules et abandonnées. Mais elles ne veulent céder ni à la tristesse, ni à la terreur : elles s'obstinent dans leur lutte féroce contre la séparation, la souffrance, la mort. Un roman éblouissant, dans lequel les tabous et le mythe de l'épouse soumise volent en éclats.

  • Devenu gigolo dans Sanctuaire du coeur, Thanh, jeune homme sans histoire et fils modèle, est homosexuel dans Les Collines d'eucalyptus. Tombé sous la coupe d'un mauvais garçon, il fuit sa famille et sa ville natale. Désespérément seul, il ne peut confier à personne les affres de sa relation avec son compagnon qui le manipule. Thanh finit par s'enfuir à Saigon, croyant trouver refuge dans l'anonymat de la métropole. Somptueuse variation sur le thème du retour de l'enfant prodigue, Les Collines d'eucalyptus est un roman éclairé par la compassion et l'intelligence humaine qu'un écrivain au sommet de son talent témoigne à ses personnages.

    « C'est une des forces de ce roman que de célébrer la poésie du monde à chaque page et au milieu de chaque drame. » Fanny Taillandier, Livres-Hebdo.

    « Souffle historique, embrassement des destinées, humanité profonde... rien n'est réel mais tout est vrai. » Christine Sallès, Psychologies magazine.

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