Terre des oublis Terre des oublis
Terre des oublis
Terre des oublis

Terre des oublis (grand prix littéraire des lectrices Elle 2007)

Traduction DUONG PHAN HUY  - Langue d'origine : VIETNAMIEN

À propos

Alors qu'elle rentre chez elle un soir, Miên, une jeune femme du hameau montagnard du centre Viêtnam où se déroule le roman, se heurte à un attroupement : l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant, et dont la mort comme héros et martyr lui avait été annoncée cinq années après son départ à la guerre, est revenu. Miên est remariée depuis sept ans déjà avec un riche propriétaire terrien, Hoan, qu'elle aime et avec qui elle a un petit garçon. Bôn, le vétéran communiste, qui s'est battu contre les Américains, réclame sa femme. Dans le Viêtnam de l'après-guerre, tous les honneurs sont dus à ceux qui se sont sacrifiés pour la communauté. Sous la pression des autorités et de son entourage, convaincue que là est son devoir, Miên se résout à quitter sa vie heureuse et confortable pour aller vivre avec son premier mari.
Le choix est d'autant plus douloureux que l'homme qu'elle avait épousé très jeune, peu avant son départ au front, est revenu physiquement détruit par des années de combats et d'errance dans la jungle. La masure dans laquelle le couple s'installe est sordide, Bôn n'a plus de force pour reconstruite ni planter. Son obsession est de retenir Miên en lui faisant un enfant : nuit après nuit, la jeune femme vit un calvaire. Mais le jour elle parvient à s'échapper pour s'occuper de son fils, dont le quotidien a lui aussi été ravagé. Hoan, assommé par le poids du destin, comprenant la décision de sa femme, est parti vivre en ville, où il se lance avec succès dans une carrière de négociant. C'est grâce à sa bienveillance et à l'argent qu'il l'avait forcée d'accepter que Miên survit, et subvient aux besoins de Bôn.
Les protagonistes du drame, formant un triangle tragique, s'efforcent chacun à sa manière de concilier leur propre aspiration au bonheur et leur sens du devoir : leurs figures s'éclairent à travers l'évocation de leur destin individuel, grâce à de nombreux retours en arrière. Quand elle raconte l'histoire de Bôn, jeune homme misérable engagé trop tôt, quand elle évoque avec une puissance narrative bouleversante sa traversée de la jungle, traînant derrière lui le cadavre de son sergent bien aimé pour tenter malgré les vautours de lui donner une sépulture décente, l'auteur rend palpable sa détermination à retrouver son bonheur perdu. Quant à Hoan, c'est son amour pour Miên qui l'a rendu à lui-même, qui l'a sauvé d'une première union manigancée par sa belle-mère, alors que, beau parti de la petite ville où il vivait, il se préparait à un brillant avenir d'intellectuel.
Les différents épisodes de ce roman-fleuve, plongeant dans le passé et le présent des personnages, brassant leurs destinées individuelles ballottées par les événements historiques, sont autant d'éclairages sur une société vietnamienne cadenassée par des préjugés et des principes. À cause de ces principes, il apparaît au fil des pages que les vies de ces trois victimes de la guerre se retrouvent indissociablement liées : ni Bôn ni Hoan ne peuvent se passer de Miên, et Miên ne peut trahir ses engagements. Tous trois sont indéfectiblement attachés à la terre de leur village, à ses habitants - qui forment une galerie de personnages secondaires magnifiques et attachants -, aux odeurs, aux couleurs, aux traditions de ce pays séculaire, somptueusement évoqué.
C'est un dénouement d'une profonde humanité qui va transcender l'absurdité de ces destins brisés, donnant une ampleur et une force peu communes à ce livre. Duong Thu Huong, qui est une des figures maîtresses de la littérature asiatique, déploie ici un art au sommet de sa maturité : son talent est éblouissant dans l'aisance avec laquelle elle peint le moment, le territoire et les personnages de son livre. Dans la manière dont elle évoque les séquelles de la guerre et par la vision qu'elle donne de la société viêtnamienne contemporaine, elle impressionne aussi par son engagement. Terre des oublis, grand roman de l'après-guerre du Viêtnam, est un livre magistral et envoûtant.

Rayons : Littérature générale > Romans & Nouvelles

  • EAN

    9782848050393

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    795 Pages

  • Longueur

    18.4 cm

  • Largeur

    14.1 cm

  • Épaisseur

    3.7 cm

  • Poids

    717 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Thu Huong Duong

Née au Vietnam en 1947, romancière, nouvelliste et scénariste pour le cinéma, Duong Thu Huong incarne à elle seule le renouveau littéraire d'un pays qui a traversé de nombreuses souffrances. Si sa lutte pour les droits de l'homme fut réprimée par le régime, celui-ci n'a jamais réussi à altérer sa combativité ni sa puissance créative.
Ses romans dénoncent le système totalitaire, une politique souvent inhumaine, l'effacement du statut d'intellectuel sous le pouvoir communiste et la lutte entre le monstre étatique et les individus renvoyés à leur solitude. En avril 1991, après avoir interdit la publication de ses oeuvres, le régime vietnamien la condamnera à la prison, où elle restera huit mois. C'est pendant son incarcération qu'elle a appris notre langue, s'aidant du seul livre qu'elle pouvait lire en cellule : un dictionnaire de français. Entre 1991 et 2006, elle fera l'objet d'une mesure de résidence surveillée. Depuis deux ans, Duong Thu Huong habite et vit à Paris où elle continue d'écrire sans relâche.

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